Les Liposomes

       Nous avons vu que la chimiothérapie, peut détruire des cellules saines et le contrôle des quantités injectées n'est pas très bien contrôlé. La nanotechnologie nous propose donc un nouveau procédé : Les liposomes ou la nanovectorisation des médicaments. La vectorisation est un procédé qui consiste à administrer des médicaments directement à la cellule malade (à l'aide de capteurs), afin d’éviter aux cellules saines d'être affectées par ce médicament. Le gros avantage est donc que l'on peut cibler les cellules cancéreuses, et surtout doser la quantité de médicament à administrer. La petite taille et la biocompatibilité de ces nano-vecteurs les font aisément pénétrer dans l'organisme. La nanoparticule va donc servir de vecteur, son rôle est de protéger la molécule thérapeutique des attaques causées par les anticorps humains mais aussi de cibler l’endroit où cette molécule ira se fixer.

Le liposome est une vésicule biodégradable constituée d’une double couche de phospholipides(= graisse) et d’un compartiment aqueux. 

Le principe actif du médicament (principalement, la doxorubicine) est placé dans la phase aqueuse quand il est hydrophile c'est-à-dire qu'il aime l'eau), et dans la bicouche quand il est lipophile (il aime le gras).

La structure phospholipidique du liposome est proche de celle de la membrane de la cellule : on dit que le liposome est biomimétique.

Un liposome est environ 70 fois plus petit qu’un globule rouge. Sa taille varie entre 100 et 300 nm. Le CNRS (Centre National de la Recherche et de la Santé) a répertorié trois générations de liposomes.

 

 LES LIPOSOMES DE PREMIERE GENERATION


 

       Les liposomes de première génération contenant le principe actif du médicament sont injectés au patient par voies intraveineuses. Ces liposomes vont rentrer en contact avec des protéines plasmatiques d’opsonines qui vont venir s’absorber à leur surface et les marqueront comme « non-soi ». Suivant leur trajet dans les voies sanguines, les liposomes seront intégrés dans les macrophages ou cellule de Kupffer (anticorps du foie) car ces liposomes sont répertoriés comme « corps étranger ». Les cellules de Kupffer ont des récepteurs à opsonine ce qui permet aux liposomes opsonisés de rentrer à l’intérieur de ce macrophage. Les nanovecteurs sont donc détruits et le principe actif et libéré. En fonction de ces caractéristiques physico-chimiques, le principe actif se propage à travers la membrane plasmique du macrophage. Il atteint alors les cellules hépatiques malades.

Le liposome de première génération est donc, une alternative très efficace au cancer du foie !

  

LES LIPOSOMES DE DEUXIEME GENERATION


 

       Les liposomes de deuxième génération contiennent également le principe du médicament mais en plus il est entouré d’un polymère hydrophile. Ces liposomes sont appelés « liposomes pégylés » du nom du polymère qui leur a été fixé : le polyéthylène glycol ou PEG. Dans la circulation sanguine, les opsonines ne reconnaissent  pas les liposomes pégylés grâce au polymère qui leur empêche l’absorption et donc ces liposomes ne sont pas reconnus comme « corps étranger ». C’est pourquoi les liposomes pégylés sont aussi appelés liposomes furtifs, l’organisme ne les reconnaissant pas comme étant des corps étrangers. Au niveau du foie, la reconnaissance par les récepteurs des cellules de Küpffer ne va pas se faire, ils ne sont donc pas captés par ces macrophages hépatiques et ils continuent leur chemin dans la circulation sanguine. En arrivant à proximité d’un tissu malade, porteur d’une infection ou d’une tumeur, les liposomes pégylés rencontrent un épithélium vasculaire discontinu (c’est adire que la paroi entre tissu sanguin et le reste du corps est cassé en quelques endroits, comme un trou). Ils vont alors pouvoir passer au travers de cet épithélium vasculaire et atteindre le tissu malade. La cellule cancéreuse absorbent les liposomes et les détruits ce qui va provoquer la libération du principe actif et donc la mort de la cellule sous l’effet de ce dernier.

  

LES LIPOSOMES DE TROISIEME GENERATION

 

 

      Les liposomes de troisième génération ont bien évidemment le principe actif du médicament et du PEG pour éviter d’être considéré comme « corps étranger ». En plus de cela ils ont également des marqueurs à acide folique qui leur permettront de reconnaître et de localiser précisément les cellules cancéreuses car ces dernières ont une caractéristique qui est l’hyper expression des récepteurs d’acide folique. C’est pour cela que ces nano-vecteurs sont également appelés « liposomes pégylés et décorés ». Tout comme les liposomes de deuxième génération les liposomes pégylés et décorés passent à travers la barrière des opsonines et continuent leur route dans le système sanguin. En arrivant à proximité d’un tissu tumoral, les liposomes pégylés et décorés rencontrent un épithélium vasculaire discontinu. Ils vont alors pouvoir passer au travers de l’épithélium vasculaire et atteindre la tumeur.

Grâce à l’acide folique présent à leur surface, les liposomes se fixent sélectivement sur les cellules tumorales, porteuses, excessivement du récepteur à l’acide folique. Ils sont ensuite internalisés par la cellule malade et le médicament est alors libéré et la cellule détruite.

 liposome-2.gif

       Basée sur le même principe que la chimiothérapie (adresser une substance chimique qui détruit la cellule cancéreuse), l’utilisation des nano-vecteurs (ici les liposomes) comme transports du médicament est bien plus avantageuse car les liposomes s’attaquent uniquement aux cellules atteintes d’un cancer et ne détruisent pas les cellules saines avoisinantes, contrairement à la chimiothérapie conventionnelle

Date de dernière mise à jour : 27/01/2013

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